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Et Si ...

Et si c'était toi ? Ce songe vaporeux, ce souffle invisible. Si c'était ton parfum, cette odeur qui me manque, loin des mots anonymes, de tout ce qui me hante. Toi, lumineuse amie, à la prose brillante, au ciselé des vers, en silence apaisant. Tu es tous mes contraires, le subtil pardon lorsque je suis offense, ce calme après l'amour à ma chair impatiente. La clarté de mes jours, le sombre de tes nuits, je suis le poids des ans, tu es cure de jouvence. Tu écris des nouvelles, je commets des quatrains, je cours à l'essentiel, quand tu flânes en chemin. Mes pleins, tes délies, tes courbes alléchantes. Si c'était toi enfin, m'offrant d'un sourd élan comme une récompense, la tendresse des mots, la douceur de l'absence. Si tu étais un mot, je deviendrais ta rime.
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Morsures

Me voilà ! ondulant à tes ondulations, Arc-bouté, cambré à ta  folle cambrure. Dévoré, dévorant de nos pensées impures. Ivre de tes ivresses, des vapeurs de peau nue, de tes brumes de chair. Toi, moi, nous, délirants, extatiques, vibrants à nos péchés mortels, à la lueur des mots, au souffle des caresses. Tous les sens aiguisés par le même appétit, au plus doux des combats, à nos tendres morsures, toi, moi, nous enflammés au désir qui va, au plaisir qui vient.

La Voilette

Vous rêvez belle amie... A la douce pénombre. Le chapeau, la voilette et votre chair d’ombres. Prêtresse de peau nue qui s’évade d’un songe. Déesse immobile, offrant ses courbes rondes, sa chevelure blonde, à la lumière douce  que la tendresse inonde…

Tangage

Me voilà dérivant, frêle esquif, au flot de vos eaux sombres. accostant, étourdi aux rives de dentelles. Hagard, dérouté, bousculé par votre folle houle, au rythme insensé de nos marées montantes, au sac, au ressac de nos chairs exsangues, perdu, éperdu autour de moi tout tangue.  A la fin pantelant, enivré à vos folles écumes, endormi, ruisselant à vos rouges intenses.

Geôlière

Ce sont, ta bouche, tes baisers cannibales, tes mains douces, enivrantes, qui me frissonnent, m'arc-boutent. Perdu, abandonné à tes  élans voluptueux, à ta chair aimante, au doux de ton aimant, je tangue, me soumets, j'oscille en valses lentes, je songe, puis me noie, je meurs à tes flots noirs, à tes folles cambrures. Immobile, vaincu, prisonnier volontaire, je m'endors, soumis à ta peau geôlière...

Photographie Katia Chauseva


Sa nuque.

Au coucher de la nuit, quand la lumière timide effleure les rideaux… C'est sa nuque fragile, le carré de chevelure brune, la rondeur satiné des épaules nues, La bretelle de dentelle noire émergeant de la chemise d'homme. Elle est assise à la clarté de l'aube, elle fume, elle songe… L'odeur de café noir, de tabac blond, le parfum de ses fragrances nocturnes, l'air frais du petit matin, tout se mélange. Silhouette émouvante glissée en contre-jour. Je la regarde, je regarde le haut de sa cuisse, la bordure sombre du bas, cette frontière ténue entre la chair, la soie, en courbes de promesses. Capiteuse, lointaine, comme un alcool violent, est-elle encore ici ou déjà repartie, me laissant son odeur, grisante au creux du lit.

Roulis