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AVANT VOUS

Avant vous, avant toi, tout était différent.
Autour de moi la mort, lissait ses ailes grises,
les jours s'écoulaient, sans saveur, sans surprise.
Mon âme titubait à ce triste présent.

Il a fallu du temps, de longs mois immobiles,
te côtoyer souvent, mais sans te voir, discrète.
Qu'est il donc arriver, quel battement de cils,
m'a redonné la vie à tes lèvres entrouvertes.

Quel regard brillant, quel parfum de femme,
m'a fait comprendre enfin, la chaleur de ta flamme.
Quelle magique étreinte, folle, déraisonnable,
m’a rendu à nouveau, souriant et aimable.

Chacun de tes sourires devient une caresse,
à chacun de tes mots, tu me sembles céleste.
Lorsque que  le cœur se serre, à l'immense tendresse, 
je voudrais te donner tout le temps qui me reste.


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POIVRE ET SEL

Il y a les murs blancs,
les volets ajourés où la lumiere s’élance.
le plafond fatigué de cette pièce immense.
le sol tout usé à force d’impatience.

Les plus que parfait, écrits au passé simple,
les toujours, les jamais, agrippés à la marge,
dans le petit cahier dont j'arrache les pages.

Le cœur noir, endormit,
j'ai l’âme poivre et sel,
hésitante, hagarde, aux dessous de dentelle.

Je vois des verres froids toujours à moitié vides,
et tous ces cris sans voix à la lune livide.
Le grand lit resté là comme une confidence.

Les tuiles sur le toit, la trop vieille charpente,
ne me protègent plus, du temps et de l'attente,
immobile, vaincu aux vaines résiliences.











REMINISCENCES

Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent,
le sol et le plafond, s'attirent, se rapprochent.
Essoufflé , tournoyant, cherchant la délivrance,
mon cerveau fatigué, à l’écume s'accroche.

Là, je vois des enfants, la cour d’école immense,
le gosse aux cheveux blond et cette plaie qu'on panse,
les genoux écorchés, les bagarres du dimanche,
tous les zéros pointés, les envies de revanche. 

Tant de départs ratés, les trains de nuit, les gares,
les verres vides ou remplis et les aubes blafardes.
les mots dits et redis, les soirées qui s'attardent,
la rencontre éphémère de l'amour en retard.

Femme assise sur moi, qui monte et qui descend,
voyage vers les cieux, qui marque la cadence,
juste fermer les yeux, perdre son innocence,
se fâcher avec dieu, pour remonter le temps.

Gisant inanimé, seul aux réminiscences,
les bribes du passé, mêlées à l'inconscience,
être ou avoir été, à l'ultime insolence.
Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent.


Poétesses