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LA JUPE DE SOIE GRISE

Le plafond, tourne autour du grand ventilateur,
l'air chaud, bourdonne de moustiques,
léger voilage, qui s'agite,
au vent moite, à la torpeur,

Sur le sol, la longue jupe de soie grise,
froissée, jetée, dans le tourment,
dernier écrin de ma promise,
abandonné juste à l'instant.

Dans le grand lit, mes yeux dérivent,
de la douche, à la fenêtre,
des rideaux bleus, jusqu'à l'eau vive,
j’attends de te voir apparaitre.

Petite table et verres d'alcool,
cendrier plein de mégots morts,
mescal fou et vitriol,
pour conjurer le mauvais sort.

Petits pieds nus laissent une empreinte,
sur les carreaux qui te reflètent,
corps dessiné en  gouttelettes,
lumière dorée aux lèvres peintes.

Seules aux draps blancs, nos vies s'inclinent,
s’étirent, se fondent, s'imaginent,
crinière brune où cacher mes mains,
tes yeux ardents au fond des miens.



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POIVRE ET SEL

Il y a les murs blancs,
les volets ajourés où la lumiere s’élance.
le plafond fatigué de cette pièce immense.
le sol tout usé à force d’impatience.

Les plus que parfait, écrits au passé simple,
les toujours, les jamais, agrippés à la marge,
dans le petit cahier dont j'arrache les pages.

Le cœur noir, endormit,
j'ai l’âme poivre et sel,
hésitante, hagarde, aux dessous de dentelle.

Je vois des verres froids toujours à moitié vides,
et tous ces cris sans voix à la lune livide.
Le grand lit resté là comme une confidence.

Les tuiles sur le toit, la trop vieille charpente,
ne me protègent plus, du temps et de l'attente,
immobile, vaincu aux vaines résiliences.











REMINISCENCES

Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent,
le sol et le plafond, s'attirent, se rapprochent.
Essoufflé , tournoyant, cherchant la délivrance,
mon cerveau fatigué, à l’écume s'accroche.

Là, je vois des enfants, la cour d’école immense,
le gosse aux cheveux blond et cette plaie qu'on panse,
les genoux écorchés, les bagarres du dimanche,
tous les zéros pointés, les envies de revanche. 

Tant de départs ratés, les trains de nuit, les gares,
les verres vides ou remplis et les aubes blafardes.
les mots dits et redis, les soirées qui s'attardent,
la rencontre éphémère de l'amour en retard.

Femme assise sur moi, qui monte et qui descend,
voyage vers les cieux, qui marque la cadence,
juste fermer les yeux, perdre son innocence,
se fâcher avec dieu, pour remonter le temps.

Gisant inanimé, seul aux réminiscences,
les bribes du passé, mêlées à l'inconscience,
être ou avoir été, à l'ultime insolence.
Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent.


Poétesses