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UNE VILLE


Je suis moi, banale, ordinaire,
allez, comment vous dites ? Une ville ouvrière !
Je hais votre dédain, autant que vos manières.
Je me rêvais brillante, et un soupçon altière,
mais je ne suis que ça, triste et ordinaire.

Des maisons alignées qui regardent parterre,
point de granit rose, ici pas de palais,
aucun roi, ni déesse.
Aucune cathédrale pour indiquer le ciel,
même Dieu n'ose pas, frapper à notre porte.

Ma peau douce autrefois a perdu son éclat,
les murs font grise mine, à la fumée, au froid, aux vapeurs d’essence.
Point de disc-jockey, c’est le marteau pilon qui donne la cadence.
Le soleil est si froid, brille par son absence.
Ne me demandez pas, je suis tout ça aussi.

Voilà.!

Je préfère le gros rouge aux coupes de champagne,
les poètes maudits et les verres de plastique.
Ici les lampadaires baissent tous la tête,
et ce n’est qu’à la pluie que les rues sont brillantes.


J’ai fait quelques efforts, ravalé mes façades,
retapé ma mairie entre l’acier, la pierre,

Et lorsque vient la nuit parcourue de frissons,
je fantasme et clignote, aux bars, à leurs néons.
mais j’ai beau dire beau faire, je ne suis qu’ordinaire.



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POIVRE ET SEL

Il y a les murs blancs,
les volets ajourés où la lumiere s’élance.
le plafond fatigué de cette pièce immense.
le sol tout usé à force d’impatience.

Les plus que parfait, écrits au passé simple,
les toujours, les jamais, agrippés à la marge,
dans le petit cahier dont j'arrache les pages.

Le cœur noir, endormit,
j'ai l’âme poivre et sel,
hésitante, hagarde, aux dessous de dentelle.

Je vois des verres froids toujours à moitié vides,
et tous ces cris sans voix à la lune livide.
Le grand lit resté là comme une confidence.

Les tuiles sur le toit, la trop vieille charpente,
ne me protègent plus, du temps et de l'attente,
immobile, vaincu aux vaines résiliences.











REMINISCENCES

Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent,
le sol et le plafond, s'attirent, se rapprochent.
Essoufflé , tournoyant, cherchant la délivrance,
mon cerveau fatigué, à l’écume s'accroche.

Là, je vois des enfants, la cour d’école immense,
le gosse aux cheveux blond et cette plaie qu'on panse,
les genoux écorchés, les bagarres du dimanche,
tous les zéros pointés, les envies de revanche. 

Tant de départs ratés, les trains de nuit, les gares,
les verres vides ou remplis et les aubes blafardes.
les mots dits et redis, les soirées qui s'attardent,
la rencontre éphémère de l'amour en retard.

Femme assise sur moi, qui monte et qui descend,
voyage vers les cieux, qui marque la cadence,
juste fermer les yeux, perdre son innocence,
se fâcher avec dieu, pour remonter le temps.

Gisant inanimé, seul aux réminiscences,
les bribes du passé, mêlées à l'inconscience,
être ou avoir été, à l'ultime insolence.
Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent.


Poétesses