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La robe tombe (Tryptique)

Ah…Vous aimer Madame,
De dos, de face et de profil.
Ardent, devenir fou, presque fébrile.
Baiser, baiser vos mains,
Puis m'enhardir, aller plus loin,
Des escarpins jusqu'à la nuque,
En lignes droites, en courbes sombres,
vos bas de soie, la mer profonde.
Frôlement doux, corps en émoi,
la robe tombe…
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La robe tombe,
Enfin...
Et Vous voilà, Madame,
En parure de peau, en étreinte animale,
Pendule oscillant entre le bien, le mâle.
Rondeurs enchevêtrées, sans aucun artifice,
la soie noire à vos cuisses comme un compte à rebours.
Ces senteurs poivrées où le désir se glisse,
Face à face vibrant ou l'envie se hérisse,
S'élance, disparait à d'émouvants velours
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Elle remet sa robe,
Et ses bas de soie noire.
Un peu de rouge aux lèvres et du noir sur les yeux.
Dehors l'aube se lève, coule dans ses cheveux,
Ses hauts talons résonnent aux lames du plancher,
Las, le grand lit frissonne de devoir la quitter.
Je vous en prie Madame, juste un dernier baiser,
à vos feux, à vos flammes laissez-moi haleter,
encore un peu de vous, une dernière ivresse...

Mais...vous partez Madame ?

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POIVRE ET SEL

Il y a les murs blancs,
les volets ajourés où la lumiere s’élance.
le plafond fatigué de cette pièce immense.
le sol tout usé à force d’impatience.

Les plus que parfait, écrits au passé simple,
les toujours, les jamais, agrippés à la marge,
dans le petit cahier dont j'arrache les pages.

Le cœur noir, endormit,
j'ai l’âme poivre et sel,
hésitante, hagarde, aux dessous de dentelle.

Je vois des verres froids toujours à moitié vides,
et tous ces cris sans voix à la lune livide.
Le grand lit resté là comme une confidence.

Les tuiles sur le toit, la trop vieille charpente,
ne me protègent plus, du temps et de l'attente,
immobile, vaincu aux vaines résiliences.











REMINISCENCES

Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent,
le sol et le plafond, s'attirent, se rapprochent.
Essoufflé , tournoyant, cherchant la délivrance,
mon cerveau fatigué, à l’écume s'accroche.

Là, je vois des enfants, la cour d’école immense,
le gosse aux cheveux blond et cette plaie qu'on panse,
les genoux écorchés, les bagarres du dimanche,
tous les zéros pointés, les envies de revanche. 

Tant de départs ratés, les trains de nuit, les gares,
les verres vides ou remplis et les aubes blafardes.
les mots dits et redis, les soirées qui s'attardent,
la rencontre éphémère de l'amour en retard.

Femme assise sur moi, qui monte et qui descend,
voyage vers les cieux, qui marque la cadence,
juste fermer les yeux, perdre son innocence,
se fâcher avec dieu, pour remonter le temps.

Gisant inanimé, seul aux réminiscences,
les bribes du passé, mêlées à l'inconscience,
être ou avoir été, à l'ultime insolence.
Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent.


Poétesses