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Affichage des articles du août, 2017

Le Loup

Je fus, ce loup alpha, ardent et vigoureux. Traversant la nuit en tête de la meute. Je fus ce hurlement qui déchirait la lune. Je fus ces babines retroussées, ces crocs acérés, prompt à déchirer la chair. Je fus ces yeux pailletés d'or, ces traces d'infini où l'humain avait perdu ma trace. Je fus tout cela et bien plus encore… Je suis vieux maintenant, solitaire loup gris, sans meute, sans compagne. Errant, au cœur de la foret si sombre. Boitant, une patte brisée, arrachée aux mâchoires d'acier d'un piège bien caché. Les premiers flocons volètent déjà sous le ciel gris, bientôt l'hiver sera là, la neige recouvrira tout, jusqu'aux souvenirs. Je reste là, assis, le poitrail droit, la tête haute. Je hume une dernière fois l'air de la foret, toutes ces senteurs magiques En face de l'autre côté de la rivière, à plat ventre aux pieds des bouleaux, il y a un homme, un fusil. Il attend, silencieux, puis épaule, vise. Il va tirer, il tire….

Paco

Paco est mort le premier, sans prévenir. Un éclair, suivit d'un bang métallique, une seule balle dans la gorge. Il s'est affaissé sans bruit dans le sable, les yeux grands ouverts. Dans la famille de Paco, les hommes ont l'habitude de mourir jeune, bien avant le point final. Ils s'attachent à être père avec une bienveillance silencieuse jusqu'au dernier souffle. Ils vivent à la hâte, avec une fierté, un honneur dérisoire. Ils passent… Jamais de grandes maisons de famille, bourdonnantes de petits enfants, pas de grand pères, de sages aux cheveux blanc qui racontent une guerre. Des femmes encore jeunes, veuves et courageuses. Certaines referont leur vie, d'autre non. Paco n'a pas eu de grand père, son père non plus. Des destins pointillés, des trous béants. Et cette manie du beau geste, celui que personne ne remarque, ce sacrifice vain, inutile, mais beau parce que invisible. Ce soir Paco est mort, dans la nuit transparente, le fils de son fils n'…

Bu

Bu le philtre d'amour à même le creuset,
A ta chair, à ta peau,
A la tendre étroitesse de ton jardin secret.
En mots indélébiles, gémissement muets,
Dévoré un à un, tes remords, tes regrets.
En rêves turgescents, en pensées érectiles,
Enflammé mille phrases en caresses habiles.
Rester là, haletant, le désir en coulisse,
Métronome vibrant à tes feux d'artifices.

Firmament

J'ai tout aimé de vous, vos ombrages brûlants, 
la flamme sous la peau et les rides de l'âge,
Dessiné à dessein l'entrouvert d'un corsage,
esquissé de mes mains ce tendre paysage. 
J'ai lu dans vos yeux clos, tant de folles prières
puis écrit tant de mots, jetés à vos rivières. 
Vous fûtes, vous étiez, vous êtes, 
vous serez la maitresse invisible de mes égarements.
Le point de non-retour,
ma déesse de chair vibrante au firmament.