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Affichage des articles du 2018

Et Si ...

Et si c'était toi ? Ce songe vaporeux, ce souffle invisible. Si c'était ton parfum, cette odeur qui me manque, loin des mots anonymes, de tout ce qui me hante. Toi, lumineuse amie, à la prose brillante, au ciselé des vers, en silence apaisant. Tu es tous mes contraires, le subtil pardon lorsque je suis offense, ce calme après l'amour à ma chair impatiente. La clarté de mes jours, le sombre de tes nuits, je suis le poids des ans, tu es cure de jouvence. Tu écris des nouvelles, je commets des quatrains, je cours à l'essentiel, quand tu flânes en chemin. Mes pleins, tes délies, tes courbes alléchantes. Si c'était toi enfin, m'offrant d'un sourd élan comme une récompense, la tendresse des mots, la douceur de l'absence. Si tu étais un mot, je deviendrais ta rime.

Morsures

Me voilà ! ondulant à tes ondulations, Arc-bouté, cambré à ta  folle cambrure. Dévoré, dévorant de nos pensées impures. Ivre de tes ivresses, des vapeurs de peau nue, de tes brumes de chair. Toi, moi, nous, délirants, extatiques, vibrants à nos péchés mortels, à la lueur des mots, au souffle des caresses. Tous les sens aiguisés par le même appétit, au plus doux des combats, à nos tendres morsures, toi, moi, nous enflammés au désir qui va, au plaisir qui vient.

La Voilette

Vous rêvez belle amie... A la douce pénombre. Le chapeau, la voilette et votre chair d’ombres. Prêtresse de peau nue qui s’évade d’un songe. Déesse immobile, offrant ses courbes rondes, sa chevelure blonde, à la lumière douce  que la tendresse inonde…

Tangage

Me voilà dérivant, frêle esquif, au flot de vos eaux sombres. accostant, étourdi aux rives de dentelles. Hagard, dérouté, bousculé par votre folle houle, au rythme insensé de nos marées montantes, au sac, au ressac de nos chairs exsangues, perdu, éperdu autour de moi tout tangue.  A la fin pantelant, enivré à vos folles écumes, endormi, ruisselant à vos rouges intenses.

Geôlière

Ce sont, ta bouche, tes baisers cannibales, tes mains douces, enivrantes, qui me frissonnent, m'arc-boutent. Perdu, abandonné à tes  élans voluptueux, à ta chair aimante, au doux de ton aimant, je tangue, me soumets, j'oscille en valses lentes, je songe, puis me noie, je meurs à tes flots noirs, à tes folles cambrures. Immobile, vaincu, prisonnier volontaire, je m'endors, soumis à ta peau geôlière...

Photographie Katia Chauseva


Sa nuque.

Au coucher de la nuit, quand la lumière timide effleure les rideaux… C'est sa nuque fragile, le carré de chevelure brune, la rondeur satiné des épaules nues, La bretelle de dentelle noire émergeant de la chemise d'homme. Elle est assise à la clarté de l'aube, elle fume, elle songe… L'odeur de café noir, de tabac blond, le parfum de ses fragrances nocturnes, l'air frais du petit matin, tout se mélange. Silhouette émouvante glissée en contre-jour. Je la regarde, je regarde le haut de sa cuisse, la bordure sombre du bas, cette frontière ténue entre la chair, la soie, en courbes de promesses. Capiteuse, lointaine, comme un alcool violent, est-elle encore ici ou déjà repartie, me laissant son odeur, grisante au creux du lit.

Roulis

Dream

Votre parfum de nuit, Madame… et vos clairs de lune.
Dans le noir, je vous songe arrimée à mes jambes,
Déesse assidue de nos rêves interdits.
Âme et corps tendus à vos douceurs humides,
de si près, de si loin, à vos affres carmins.

                                       Photo Georgia o' Keefe par son mari Alfred Steiglitz  

Affamé

Affamé,
Affamé, comme loup en chasse,
Collé à votre flanc, de proie divine, haletante.
Quand vous battez l'air lourd, de vos bras, de vos jambes,
l'air humide d'attente, dévorée, pantelante.
Je vous hume, vous lape, je mords votre cou,
vous ondulez à moi, en caresses profondes.
Vous voilà toute entière, enfiévrée, prisonnière,
de nos folles étreintes, de nos joutes guerrières.
Affamée, rugissante au cœur de la chair,
au déhanché violent de nos violents émois.

Nocturne

A l'hôtel des corps perdus, des âmes abandonnées, des heures de solitudes. L'ampoule nue, jaunâtre qui pendule au plafond. Les draps gris, pathétiques, livides à l'usure du temps. Le lavabo glacial, le miroir fendu, au bout du désespoir les pavés de la rue. L'escalier immobile, le grincement des marches, la peinture qui s'écaille comme un jour de peau morte. Le bitume brillant, la pluie, la nuit, l'imper. Quelques pas hésitants à la courbure du vent. Le néon qui grésille, le bar tabac clignote. Sur le comptoir de zinc, le paquet de gauloises et le café fumant. Il est déjà si tôt ou peut-être trop tard, ma montre ne ment pas, ma belle ne viendra pas.

Mékong

Le Mékong devient jaune, grand fleuve indolent. Là bas sur l'autre rive, la nuit descend, s'accroche aux grands arbres, la lune ronde, laiteuse sombre à la canopée. Les grands verres de whisky tonic, le paquet de gauloises, le flacon de quinine, la table de bambou. La goutte de sueur qui perle entre ses seins, Elle en princesse luisante, lumineuse dans la nuit ivre. Elle, sa cambrure cuivrée, tendue, en rondeurs altières. Sous la moustiquaire, le bruissement des insectes, la nuit chaude, brûlante. J'ai bu  mille alcools forts à son ventre mouillé, découvert en silence tous ses jardins secrets… Le jour c'est levé au fracas des caresses, c'est son corps qui s'élance, qui meurt, qui renaît oscille et balance au gré des jouissances . Les singes, les oiseaux, la jungle omniprésente, un matin ordinaire au souffle du delta.

A la fin...

Janvier

Janvier, qui frémit dans les arbres, assombri les fenêtres. Je songe,  je regarde le ciel gris, le café qui fume, je songe à vous soudain, comme une évidence, un rêve lointain, inaccessible. J'imagine encore, je vous revois, élégante, altière, mais si tendre, si douce en volutes éphémères… Je songe à vous encore, votre robe noire, vos yeux transparents, vos élans de féline, vos mots crus enivrants, je vous fantasme encore… Je vous imagine, vous écrivez ce matin,, vous buvez votre thé, peut être pensez-vous à moi, encore... Je vous vois là-bas, seule, si attirante, il fait froid, je pense à vous et je suis bien !

Clair de lune

A la sauvette

C'est ton gémissement qui trouble le silence,
ton corps inassouvi, qui se brûle à l'absence,
Vibrant sous le drap blanc, quand ton bassin ondule,
au ballet de tes doigts, amoureux, noctambules.
Tu t'aimes, tu te tends, tu t'offres à ce vertige,
Attentive, soumise, quand ton ventre exige,
de tendres frôlements, des caresses précises,
Tu as fermé les yeux, tu rêves de baisers,
de mots tendres et doux, te voilà adorée.
Tu ne sais plus pourquoi, éprise et indécise
Tu imagines encore, fait durer le supplice,
En rêveries humides, au moelleux du calice.
Un dernier soubresaut, tu gémis, tu hoquettes,
Ouverte, les yeux clos, tu t'aimes à la sauvette.

Confesse

C'est sans la moindre honte que je vais à confesse…

Me voilà ! Livide, païen et idolâtre,
Adorateur muet de ton brûlant théâtre.
Prisonnier de tes voiles, ma troublante prêtresse,
Prêt à tout renier pour tes petites fesses...

Amadou

Ma petite allumeuse, mon amour d'amadou.
Ton feu en flammes douces, caché sous la dentelle,
En volutes de braise, en élans  sensuels,
Tu te cambres, te tends, efface les tabous.
Tout en toi bel amour, me palpite, m'émeut,
Les courbes que tu caches, tes rondeurs masquées.
Ta façon de sourire, tes mouvements soyeux,
Tu attises sans cesse, sans jamais dévoiler,
Ce rêve incandescent, ce voile dans tes yeux,
Déesse sublimée que mon âme caresse.

Poétesses