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Affichage des articles du janvier, 2018

Affamé

Affamé,
Affamé, comme loup en chasse,
Collé à votre flanc, de proie divine, haletante.
Quand vous battez l'air lourd, de vos bras, de vos jambes,
l'air humide d'attente, dévorée, pantelante.
Je vous hume, vous lape, je mords votre cou,
vous ondulez à moi, en caresses profondes.
Vous voilà toute entière, enfiévrée, prisonnière,
de nos folles étreintes, de nos joutes guerrières.
Affamée, rugissante au cœur de la chair,
au déhanché violent de nos violents émois.

Nocturne

A l'hôtel des corps perdus, des âmes abandonnées, des heures de solitudes. L'ampoule nue, jaunâtre qui pendule au plafond. Les draps gris, pathétiques, livides à l'usure du temps. Le lavabo glacial, le miroir fendu, au bout du désespoir les pavés de la rue. L'escalier immobile, le grincement des marches, la peinture qui s'écaille comme un jour de peau morte. Le bitume brillant, la pluie, la nuit, l'imper. Quelques pas hésitants à la courbure du vent. Le néon qui grésille, le bar tabac clignote. Sur le comptoir de zinc, le paquet de gauloises et le café fumant. Il est déjà si tôt ou peut-être trop tard, ma montre ne ment pas, ma belle ne viendra pas.

Mékong

Le Mékong devient jaune, grand fleuve indolent. Là bas sur l'autre rive, la nuit descend, s'accroche aux grands arbres, la lune ronde, laiteuse sombre à la canopée. Les grands verres de whisky tonic, le paquet de gauloises, le flacon de quinine, la table de bambou. La goutte de sueur qui perle entre ses seins, Elle en princesse luisante, lumineuse dans la nuit ivre. Elle, sa cambrure cuivrée, tendue, en rondeurs altières. Sous la moustiquaire, le bruissement des insectes, la nuit chaude, brûlante. J'ai bu  mille alcools forts à son ventre mouillé, découvert en silence tous ses jardins secrets… Le jour c'est levé au fracas des caresses, c'est son corps qui s'élance, qui meurt, qui renaît oscille et balance au gré des jouissances . Les singes, les oiseaux, la jungle omniprésente, un matin ordinaire au souffle du delta.

A la fin...

Janvier

Janvier, qui frémit dans les arbres, assombri les fenêtres. Je songe,  je regarde le ciel gris, le café qui fume, je songe à vous soudain, comme une évidence, un rêve lointain, inaccessible. J'imagine encore, je vous revois, élégante, altière, mais si tendre, si douce en volutes éphémères… Je songe à vous encore, votre robe noire, vos yeux transparents, vos élans de féline, vos mots crus enivrants, je vous fantasme encore… Je vous imagine, vous écrivez ce matin,, vous buvez votre thé, peut être pensez-vous à moi, encore... Je vous vois là-bas, seule, si attirante, il fait froid, je pense à vous et je suis bien !

Clair de lune

A la sauvette

C'est ton gémissement qui trouble le silence,
ton corps inassouvi, qui se brûle à l'absence,
Vibrant sous le drap blanc, quand ton bassin ondule,
au ballet de tes doigts, amoureux, noctambules.
Tu t'aimes, tu te tends, tu t'offres à ce vertige,
Attentive, soumise, quand ton ventre exige,
de tendres frôlements, des caresses précises,
Tu as fermé les yeux, tu rêves de baisers,
de mots tendres et doux, te voilà adorée.
Tu ne sais plus pourquoi, éprise et indécise
Tu imagines encore, fait durer le supplice,
En rêveries humides, au moelleux du calice.
Un dernier soubresaut, tu gémis, tu hoquettes,
Ouverte, les yeux clos, tu t'aimes à la sauvette.

Confesse

C'est sans la moindre honte que je vais à confesse…

Me voilà ! Livide, païen et idolâtre,
Adorateur muet de ton brûlant théâtre.
Prisonnier de tes voiles, ma troublante prêtresse,
Prêt à tout renier pour tes petites fesses...

Amadou

Ma petite allumeuse, mon amour d'amadou.
Ton feu en flammes douces, caché sous la dentelle,
En volutes de braise, en élans  sensuels,
Tu te cambres, te tends, efface les tabous.
Tout en toi bel amour, me palpite, m'émeut,
Les courbes que tu caches, tes rondeurs masquées.
Ta façon de sourire, tes mouvements soyeux,
Tu attises sans cesse, sans jamais dévoiler,
Ce rêve incandescent, ce voile dans tes yeux,
Déesse sublimée que mon âme caresse.

Poétesses

Ton Epaule

C'est ton épaule ronde où glisse une bretelle,
Juste toi, encore toi, ma belle de silence,
J'imagine, j'écris, je te pense, j'invente.
Quand les mots sont trop crus,
J'hésite, je rature cette fièvre intense,
Me voilà bouche sèche, au doux de ton absence.
Rêvant comme un damné à tes senteurs câlines,
Âme et cœur noués à tes incandescences.

Ecoute !

Écoute les vibrer nos désirs hirsutes,
Laisse moi retrousser tes pudeurs aimantes,
découvrir d'un coup tes moiteurs rougissantes,
en courbes indécentes, en charnelles volutes.

Laisse moi deviner, lorsque le corps exulte,
brille au fond de tes yeux, scintille en avalanches.
Au bout des doigts curieux,  le violent uppercut,
en frôlements soyeux  le plaisir se déhanche.

Regarde nous hagards, les chairs enflammées,
peaux et lèvres soudées comme folle évidence.
Laisse moi les rêver nos chaudes connivences,
te dire, te murmurer, comme une délivrance.

Animale

Vous étiez chère Madame, réservée, élégante, lointaine, éthérée et parfois presque hautaine. Le désir corseté, étouffé à l'étau des guêpières, vous traversiez la vie en errances altières, à l'or des lambris, cachée sous mes paupières. Un jour, une nuit au sombre des étoiles, vous apparûtes enfin, libérée, insatiable, le cœur dévoré, rêvant de bacchanales, entière, toute à moi, vous fûtes animale. Vous m'offrîtes d'un coup, le gite et le couvert, le parfum de la peau, le moelleux de la chair, roses écrins soyeux, mille richesses intimes, votre bouche entrouverte à la recherche d'air. Nous fûmes les uns après les autres, tendres balancements, caresses délectables, vertiges enivrants, secousses formidables au fiévreux de l'instant, en baisers cannibales. Un jour, une nuit au brûlant des étoiles, vous apparûtes enfin, si belle, inoubliable.

Cependant

Nonobstant,
Vos non-dits, vos pénombres d'attente,
Le souffle enseveli   à votre âme exigeante.
Vous voilà sens unique, à mes sens interdits,
Mon péché capital, ma belle irrévérence.
L'irréversible envie comme seule insolence,
Enfer et paradis, je m'agrippe à vos hanches,
Le cœur gourd, meurtri
Au noir de vos nuits blanches.