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Affichage des articles du février, 2018

Geôlière

Ce sont, ta bouche, tes baisers cannibales, tes mains douces, enivrantes, qui me frissonnent, m'arc-boutent. Perdu, abandonné à tes  élans voluptueux, à ta chair aimante, au doux de ton aimant, je tangue, me soumets, j'oscille en valses lentes, je songe, puis me noie, je meurs à tes flots noirs, à tes folles cambrures. Immobile, vaincu, prisonnier volontaire, je m'endors, soumis à ta peau geôlière...

Photographie Katia Chauseva


Sa nuque.

Au coucher de la nuit, quand la lumière timide effleure les rideaux… C'est sa nuque fragile, le carré de chevelure brune, la rondeur satiné des épaules nues, La bretelle de dentelle noire émergeant de la chemise d'homme. Elle est assise à la clarté de l'aube, elle fume, elle songe… L'odeur de café noir, de tabac blond, le parfum de ses fragrances nocturnes, l'air frais du petit matin, tout se mélange. Silhouette émouvante glissée en contre-jour. Je la regarde, je regarde le haut de sa cuisse, la bordure sombre du bas, cette frontière ténue entre la chair, la soie, en courbes de promesses. Capiteuse, lointaine, comme un alcool violent, est-elle encore ici ou déjà repartie, me laissant son odeur, grisante au creux du lit.

Roulis

Dream

Votre parfum de nuit, Madame… et vos clairs de lune.
Dans le noir, je vous songe arrimée à mes jambes,
Déesse assidue de nos rêves interdits.
Âme et corps tendus à vos douceurs humides,
de si près, de si loin, à vos affres carmins.

                                       Photo Georgia o' Keefe par son mari Alfred Steiglitz