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Et Si ...

Et si c'était toi ?
Ce songe vaporeux, ce souffle invisible. Si c'était ton parfum, cette odeur qui me manque, loin des mots anonymes, de tout ce qui me hante.
Toi, lumineuse amie, à la prose brillante, au ciselé des vers, en silence apaisant.
Tu es tous mes contraires, le subtil pardon lorsque je suis offense, ce calme après l'amour à ma chair impatiente. La clarté de mes jours, le sombre de tes nuits, je suis le poids des ans, tu es cure de jouvence. Tu écris des nouvelles, je commets des quatrains, je cours à l'essentiel, quand tu flânes en chemin. Mes pleins, tes délies, tes courbes alléchantes.
Si c'était toi enfin, m'offrant d'un sourd élan comme une récompense, la tendresse des mots, la douceur de l'absence.
Si tu étais un mot, je deviendrais ta rime.
 
Jack Véttriano
 
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POIVRE ET SEL

Il y a les murs blancs,
les volets ajourés où la lumiere s’élance.
le plafond fatigué de cette pièce immense.
le sol tout usé à force d’impatience.

Les plus que parfait, écrits au passé simple,
les toujours, les jamais, agrippés à la marge,
dans le petit cahier dont j'arrache les pages.

Le cœur noir, endormit,
j'ai l’âme poivre et sel,
hésitante, hagarde, aux dessous de dentelle.

Je vois des verres froids toujours à moitié vides,
et tous ces cris sans voix à la lune livide.
Le grand lit resté là comme une confidence.

Les tuiles sur le toit, la trop vieille charpente,
ne me protègent plus, du temps et de l'attente,
immobile, vaincu aux vaines résiliences.











REMINISCENCES

Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent,
le sol et le plafond, s'attirent, se rapprochent.
Essoufflé , tournoyant, cherchant la délivrance,
mon cerveau fatigué, à l’écume s'accroche.

Là, je vois des enfants, la cour d’école immense,
le gosse aux cheveux blond et cette plaie qu'on panse,
les genoux écorchés, les bagarres du dimanche,
tous les zéros pointés, les envies de revanche. 

Tant de départs ratés, les trains de nuit, les gares,
les verres vides ou remplis et les aubes blafardes.
les mots dits et redis, les soirées qui s'attardent,
la rencontre éphémère de l'amour en retard.

Femme assise sur moi, qui monte et qui descend,
voyage vers les cieux, qui marque la cadence,
juste fermer les yeux, perdre son innocence,
se fâcher avec dieu, pour remonter le temps.

Gisant inanimé, seul aux réminiscences,
les bribes du passé, mêlées à l'inconscience,
être ou avoir été, à l'ultime insolence.
Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent.


Poétesses